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Nous voici à nouveau en compagnie des deux frères rapeurs du fameux Hip Hop de Versailles (voir mon article sur le clip à l’époque : Oui on sait hip-hoper à Versailles) …

Monastere amer

… prêts pour de nouvelles aventures !

Cette fois-ci, ce sont deux geeks qui veulent instaurer une geektature, aïe, aïe, aïe !

Monastere-amer

Pour faire un clip bien, il faut des sousous. C’est pourquoi ils sont sur Ulule. Et vu le clip génial qu’ils ont pondu la première fois, on se dit que le deuxième ne pourra être que bon – et qu’il faut les encourager.

Le lien vers Ulule, c’est là : >> Monastère Amer – Ulule <<

Vite vite, il ne reste que 8 jours !

Un petit lien vers leur page FaceBook en prime : Monastère Amer-FB, ou vous découvrirez le teaser sur Geektature, et un autre titre qui promet d’être tout aussi déjanté : F#ck le gluten.

Et comme ils le disent eux-mêmes : Sauvons le rap français ! 😉

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Super contente de ne pas subir l’air fétide rempli d’odeurs de merguez/frites et de vinasse bon marché qui flottera sur Paris !

Sans compter que le lendemain, je me réveillerai en entendant encore, parce que j’aurai échappé aux divers groupes et cafés qui trouvent intéressant de déchirer les membranes de leurs enceintes.

Il y a eu un grand pas de fait depuis les premières fêtes de la musique, encore bon enfant, qui nous donnaient la possibilité d’entendre distinctement chaque groupe jouer. C’était alors une véritable jouissance de battre le pavé, découvrir là un groupe de rock, ici une chorale, plus loin encore une battle de percus ou une formation de jazz.

L’initiative était tellement inespérée – pour les artistes, c’était l’occasion de jouer toute une nuit devant le grand public (merci à Jack Lang au passage) – que nous nous considérions comme des privilégiés qu’unissaient un amour et un respect communs de la musique. C’était aussi une nuit où les gens se parlaient entre eux, parlaient aux artistes, se souriaient, liés par une connivence mutuelle. C’est en tout cas ainsi que je les ai vécues.

C’est pourkoik, en souvenir de ces premières fêtes, aujourd’hui encore je fuirai cette nuit, que je compare à une grande foire servant de défouloir à de nombreuses personnes irresponsabilisées (notez la subtilité et remarquez que je ne dis pas « tout le monde »). Je suis d’ailleurs toujours étonnée que pour ces fêtes, le Ministre en place de la Culture ne rappelle pas gentiment aux citoyens de rester citoyens.

Bon courage à tous ceux qui cherchent encore à jouer honnêtement de la musique, puissiez-vous être entendus dans cette cacophonie. Ma participation se bornera à écouter dans mon refuge des CDs de nouveaux talents, mais je suis de tout cœur avec vous.

Et au nom de tous les miens – c’est-à-dire les humains – je demande pardon aux employés de la ville qui devront nettoyer les rues au petit matin. Car nombreux sont les participants du 21 qui ressentent le besoin de jouer au Petit Poucet pour ne pas se perdre dans Paris, remplaçant les cailloux par des canettes de bière, paquets vides de cigarettes, morceaux de verre et autres papiers gras.

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Je ne peux m’empêcher de partager ce clip délirant tant il m’a fait rire et surtout tant il est entraînant et original.

Les chanteurs y sont excellents. Ils ont une super pêche, jouent très bien la comédie, et le texte de la chanson est digne de ceux des Inconnus de la grande époque. La mise en scène est travaillée, drôle, très pro. J’ai repéré deux ou trois clins d’œil à certains artistes/films, que je vous laisse découvrir.

Vraiment, ils valent le coup qu’on y jette un œil – une oreille – et qu’on partage.

Le groupe en question – ou plutôt le duo – c’est Monastère Amer. Titre du single : Hip Hop de Versailles. Non, on n’est pas coincés à Versailles, nous aussi on a des revendications !  😉

Allez, un petit lien qui va faire plaisir à Youtube (dommage, le groupe n’est pas sur Dailymotion, sinon j’aurais soutenu l’entreprise française) : http://www.youtube.com/watch?v=b2LX-yz7iWw

Monastere amer

Très bonne écoute et bonne crise de rire !

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villagers

Allez, un autre coup de cœur musique : jeudi soir dernier, cadeau d’anniversaire à l’avance, nous sommes allés voir le groupe Villagers à la Cigale.Une grande claque. Du magistral. Je ne sais pas si j’arriverai à décrire ce que j’ai entendu et vécu, mais ça restera dans les annales de ma tête.

Oui, encore un groupe outre-manche, irlandais de surcroît, mais que voulez-vous, les trésors en matière de musique arrivent souvent de là-bas, on n’y peut rien, c’est comme ça.

Je vais essayer de vous restituer l’ambiance, pas à pas.

Jeudi soir, La Cigale est gentiment pleine, le public est assez branché mais cool. J’y vois des jeunes de 20 ans côtoyer des cadres de 40, et même deux ou trois grands-mères (là je n’ai pas compris, mais après tout, on ne va pas les empêcher de s’amuser, non ?) (D’ailleurs, quand je serai grand-mère, on n’a pas intérêt à parler comme ça de moi). Je passe la première partie, aucun intérêt. Le groupe du soir arrive. Les lumières s’éteignent, le show peut commencer…

Le chanteur, Conor O’Brien, entre sous les applaudissements. Aux cris de la salle, je devine qu’il a des fans. Il est quasiment habillé comme un nerd, mais la sophistication naturelle qui se dégage de lui rend son look hyper branché. Il m’est tout de suite sympathique, communicatif sans être outrancier, et mignon par dessus le marché. Un  » Bonjou’  » à la salle finit de le rendre craquant : la salle est conquise.

Les premières notes s’élèvent. Dès le départ mon 6e sens s’allume, celui qui se réveille pour le spécial, celui des grandes occasions. Je hume, mon radar bipe, mes sens clignotent, affolés : c’est du bon, du très bon. Je m’accroche mais il est déjà trop tard. Me voilà arrachée à la terre et plongée tel un bolide dans un univers aux sonorités étranges, au-delà des genres, qui découpent les conventions au laser, sans concessions.

J’en prends plein les oreilles. Pourtant la première chanson est intimiste, mais elle a l’effet d’un raz de marée. La voix du chanteur s’élève, claire et chaude à la fois, avec cette pointe d’accent si particulière aux Irlandais. La salle retient son souffle, la magie est au rendez-vous.

Je suis fascinée par le combat qui se déroule devant mes yeux écarquillés : les mots qui sortent de la bouche du chanteur ressemblent à un immense boa, qui se tord et s’élance dans tous les sens pour défendre sa liberté. L’homme le tient entre ses dents, le dompte, d’un coup de tête l’envoie à gauche, à droite, le retient, le lâche au fond de la salle où il explose en une pluie de musique onctueuse et enveloppante. Jamais je n’ai vu un chanteur jouer à ce point avec son chant (hormis peut-être Brel, dans un autre registre). L’enchanteur maîtrise son micro avec la même dextérité, multipliant les effets, totalement ‘in control’. Je suis sous le charme.

L’ingénieur du son et le technicien lumières ne sont pas en reste : du travail de pro. Les instruments se détachent nettement, laissant apprécier la richesse des compositions tout en étant mixés de façon subtile, avec une balance fine. La voix n’est pas étouffée par les instruments, comme c’est trop souvent le cas. Du vrai travail d’orfèvre. Les éclairages sont magnifiques et jouent à créer une ambiance particulière, presque mystique.

Les morceaux se succèdent, passant d’une certaine pop aux arrière-goûts gothiques à une sorte de rock de plus en plus hard (c’est du moins comme cela que je le ressens) ; le batteur est incroyable, les guitariste et bassiste sont communicatifs, et certaines compositions sont à couper le souffle.

Pour terminer sur ce concert, j’ai un peu moins aimé la dernière partie qui était plus ‘classique’ que les premiers morceaux et peut-être un peu trop ‘sonore’ pour moi. J’ai beau aimer le hard rock, un trop plein de bonnes choses… ben, fait l’effet d’un trop plein. On n’en peut plus, on a trop mangé, il faut digérer maintenant.

Je reste sur les premiers morceaux et sur une chanson du milieu complètement psychédélique qui m’ont transportée sur une autre planète. C’est vraiment un concert que je n’oublierai pas de sitôt !

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Ce soir je voudrais parler d’Asa (prononcer Asha).

Je viens de réécouter son album de 2007 et cet album me fait toujours autant frissonner. Alors je me suis dit : non, il faut vraiment que je poste quelque chose sur elle et sa musique.

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Cette jeune Parisienne/Nigériane si simple, si fraîche arrive à me bouleverser comme le faisait (et le fait toujours) Jacques Brel. Ses textes sont d’une force incroyable, sa musique est incroyable, il n’y a pas un seul titre qui ressemble à un autre et c’est tellement riche, tellement différent ! Entre le reggae, folk, soul et blues, elle chante avec une voix, une intonation, un phrasé qui n’appartiennent qu’à elle, et elle nous emmène dans un tourbillon d’histoires puissantes avec suffisamment de douceur pour nous percuter violemment.

Oui, elle me fait penser à Jacques Brel, lorsqu’il nous chante d’un air comique l’histoire de ce Monsieur tout le monde, ivre (À jeun), ou encore la passion de ce jeune homme (Mathilde) pour, au détour d’une phrase, parfois même d’un mot, nous précipiter dans l’horreur de la scène, nous faire réaliser, l’espace d’une seconde figée dans le temps, tout le drame de la situation.

Asa, c’est un peu ça. Je pense notamment au magnifique Fire on the Mountain, qu’elle nous chante de façon généreuse et sereine, et qui nous décrit l’apathie dans laquelle certaines personnes peuvent se trouver face aux événements. On se dit oui, c’est vrai, on devrait moins regarder la télé et tout ça. Et puis là, presque à la fin de la chanson, un vers, juste un, et soudain l’histoire prend un autre sens, terrible celui-là, qui vous glace le sang. Et là, ça réveille, et on n’a plus envie de prendre des résolutions à la ‘nouvel an’, on veut se battre.

Il n’y a évidemment pas que cette chanson qui est fabuleuse. Tous les textes d’Asa – qu’elle a d’ailleurs presque entièrement écrits seule – sont forts, engagés, et pourtant sans hargne ni violence ; c’est pourquoi ils ont la puissance d’un laser.

Franchement, je recommande rarement de la musique ‘d’aujourd’hui’, mais là, il faut qu’au moins cet album d’elle soit dans votre cdthèque. Et vraiment le CD, parce que les textes joints peuvent être savourés à toute heure de la journée, et parce qu’elle a une façon toute particulière de remercier ceux qui l’ont entourée et aidée et que c’est une véritable leçon d’amour.

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