Archives de la catégorie ‘Sortir du carcan’


Super contente de ne pas subir l’air fétide rempli d’odeurs de merguez/frites et de vinasse bon marché qui flottera sur Paris !

Sans compter que le lendemain, je me réveillerai en entendant encore, parce que j’aurai échappé aux divers groupes et cafés qui trouvent intéressant de déchirer les membranes de leurs enceintes.

Il y a eu un grand pas de fait depuis les premières fêtes de la musique, encore bon enfant, qui nous donnaient la possibilité d’entendre distinctement chaque groupe jouer. C’était alors une véritable jouissance de battre le pavé, découvrir là un groupe de rock, ici une chorale, plus loin encore une battle de percus ou une formation de jazz.

L’initiative était tellement inespérée – pour les artistes, c’était l’occasion de jouer toute une nuit devant le grand public (merci à Jack Lang au passage) – que nous nous considérions comme des privilégiés qu’unissaient un amour et un respect communs de la musique. C’était aussi une nuit où les gens se parlaient entre eux, parlaient aux artistes, se souriaient, liés par une connivence mutuelle. C’est en tout cas ainsi que je les ai vécues.

C’est pourkoik, en souvenir de ces premières fêtes, aujourd’hui encore je fuirai cette nuit, que je compare à une grande foire servant de défouloir à de nombreuses personnes irresponsabilisées (notez la subtilité et remarquez que je ne dis pas « tout le monde »). Je suis d’ailleurs toujours étonnée que pour ces fêtes, le Ministre en place de la Culture ne rappelle pas gentiment aux citoyens de rester citoyens.

Bon courage à tous ceux qui cherchent encore à jouer honnêtement de la musique, puissiez-vous être entendus dans cette cacophonie. Ma participation se bornera à écouter dans mon refuge des CDs de nouveaux talents, mais je suis de tout cœur avec vous.

Et au nom de tous les miens – c’est-à-dire les humains – je demande pardon aux employés de la ville qui devront nettoyer les rues au petit matin. Car nombreux sont les participants du 21 qui ressentent le besoin de jouer au Petit Poucet pour ne pas se perdre dans Paris, remplaçant les cailloux par des canettes de bière, paquets vides de cigarettes, morceaux de verre et autres papiers gras.

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Je reçois régulièrement – ayant trempé dans le milieu des artistes interprètes il y a de nombreuses années – les informations de la Spedidam (la Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes), ou en clair l’organisme qui s’occupe de reverser leur argent aux dits artistes.

En lisant l’autre jour leur dépliant, qui parlait des nouveaux enjeux face aux modes d’exploitation et de consommation des produits culturels actuels, je me disais : mais combien d’artistes jeunes aujourd’hui sont capables de véritablement comprendre ce que je suis en train de déchiffrer péniblement, malgré mes études littéraires ? On ne pouvait être plus obscur, plus alambiqué, plus insouciant d’être compréhensible.

Nous nous trouvons aujourd’hui devant une faille de plus en plus large entre une population très cultivée – qui cherche à ne fréquenter que ses pairs mais devient minoritaire – et une masse plus ou moins jeune qui n’a pas compris que la culture et l’instruction scolaire ne se résumaient pas à connaître la couleur du string de Shakira et les abréviations sms qui évitent d’avoir à réfléchir sur la grammaire. Ou encore qui ont banni la lecture à la faveur d’une télé décérébrante (ne cherchez pas, j’ai inventé le mot à partir de « décérébration »).

Entre les deux, des gens s’accrochent aux rebords de la falaise, cherchant à se faire comprendre de tous sans pour autant vouloir descendre jusqu’à un vocabulaire onomatopéique. Au passage, les singes sont en train de bien mieux comprendre les hommes qu’auparavant…

Comment devant ce constat journalier dans nos rues, dans nos écoles, chez nos voisins, ne pas voir se profiler la véritable dictature – mondiale, celle-ci – posant lentement mais sûrement ses bases sur une inculture contagieuse ? Comment ne pas s’inquiéter de ces personnes quasiment illettrées qui ne comprennent pas ce qu’elles lisent, qui ne sont pas capables de faire la part des choses, d’analyser, de réfléchir, de critiquer, de se faire une opinion de façon autodéterminée, mais qui suivent celui (ou celle, mais rarement) qui aura crié le plus fort ?

Ne nous leurrons pas, nous sommes tous responsables à un certain niveau de ce qui arrive, que ce soit par nos actions, ou par nos inactions passées et présentes, par notre peur de nous immiscer (« ça ne me regarde pas ») ou par notre peur de parler à « l’autre », de lui rappeler nos valeurs et les inaliénables droits de l’Homme. Il n’est d’ailleurs pas trop tard pour retrousser nos manches et remettre un peu de comportement éthique là où il manque, individuellement et collectivement.

S’il est un message en tout cas que j’ai envie de faire passer, c’est que si la jeunesse ne fait pas tout pour se sortir de cet illettrisme, si elle ne fait pas tout pour se cultiver, elle aura perdu sa liberté et sera à la merci d’une puissance bien au-dessus d’elle qui la manipulera exactement comme on le fait en tirant sur les fils d’une marionnette. Ce n’est pas un appel à la révolte car son prix n’est que le sang et la répression, c’est un appel à l’intelligence et à l’instruction.

Quant à ceux – et j’inclus tous les « représentants des peuples » – qui ne jurent que par les mots les plus compliqués d’une langue pour s’exprimer, je leur dis : « Descendez dans le métro ! Puis réécrivez vos textes. »

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Internet est un outil formidable ; mais aujourd’hui plus que jamais il est indispensable de savoir discerner l’info de l’intox.

Étant donné que les informations qui flottent dans ce bouillon sont quasiment toutes de 2e, 3e, 4e, 5e, voire de 100e main, il faut vraiment se retrousser les manches. Ça demande de recouper les données, d’évaluer, de trouver la part du vrai, la logique. De réfléchir un peu-beaucoup-passionnément-à la folie mais surtout, d’observer avec du recul les faits et uniquement les faits, pas les opinions.

Mon métier demandant beaucoup de recherches, je tombe souvent sur des informations qui se contredisent, affirment des mensonges, sont criblées d’erreurs ou imposent de fausses vérités.

Alors voici douze idées reçues que j’ai relevées (j’aurais pu en mettre 20, d’ailleurs), à coller sur le frigo, qu’il faut à tout prix combattre si l’on recherche un tant soit peu la vérité dans ce fourre-tout qu’est Internet.

Les 12 idées reçues dont il faut se méfier comme de la peste :

  1.  Si c’est dans Wikipédia, c’est que c’est vrai
  2.  Si c’est recopié 10 fois sur le Net, c’est que c’est vrai
  3.  Si c’est anglais, c’est que c’est vrai (pour les Français)(Je ne suis pas sûre que « Si c’est français, c’est que c’est vrai » marche avec les étrangers)
  4.  Si les journaux l’ont publié, c’est que c’est vrai
  5.  Si c’est écrit dans un site qui a un renom, c’est que c’est vrai
  6.  Si c’est dans un livre, c’est que c’est vrai (même si c’est quand-même un peu plus fiable – on peut se dire que l’auteur a fait des recherches – on n’est pas à l’abri d’opinions et de digressions)
  7.  Si l’expert machin dit que c’est vrai, alors c’est vrai
  8.  Si quelqu’un qui joue les experts sur un forum dit qu’une explication est fausse, c’est lui qui a raison
  9.  Si en donnant sa propre opinion, on traite les autres d’abrutis, alors c’est qu’on est un expert (et à ce moment-là, les points 7 et 8 marchent encore mieux)
  10.  Si quelqu’un dit qu’il est plus malin que les autres parce que lui voit ce qui se passe dans le monde, alors ce qu’il dit est vrai
  11.  Si deux infos contradictoires inondent le net, c’est celle qui nous plaît qui est la bonne

Et enfin, il ne faut pas l’oublier :

12.  Si c’est mon père qui le dit, c’est que c’est vrai

Évidemment, le revers de la médaille c’est qu’on finit par ne plus croire en rien (« Et si en fait tout le monde nous mentait pour nous réduire en esclavage ? ») et qu’on devient fou (j’en connais au moins deux comme ça).

Si vous pouviez, chaque fois que c’est possible, privilégier la 1e main, vous vous sentiriez bien plus en confiance. En décodé : ayez votre propre expérience, regardez avec vos propres yeux, et prenez les infos à la source et non pas auprès d’instances qui ont « mené l’enquête », car une enquête, on peut lui faire dire n’importe quoi. Il suffit de faire des montages photos, couper des bandes son, sortir des données de leur contexte et mélanger des vidéos. Et de faire passer une ou plusieurs des 12 idées reçues ci-dessus !

Comme je le disais dans mon billet, un peu ancien mais souvent regardé (Photos truquées, comment les reconnaître), un trucage, c’est de plus en plus facile à réaliser.

J’espère que cela vous aidera à vous dépatouiller sur le Net. Sortir du carcan de la pensée unique, voilà qui devrait être le credo de tout internaute (et citoyen du monde).

Et j’avais oublié le numéro 13 :

13. Si c’est écrit par Gisèle, alors c’est que c’est vrai (mais là c’est vraiment vrai !)

;D

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Nous étions plusieurs à nous être réunis cet après-midi derrière le Sacré Cœur, dans un magnifique petit parc, pour dévoiler nos cadavres exquis (qui avaient tourné plusieurs mois chez les uns, les autres). Un petit pique-nique nous a permis de tenir le coup face au vent qui était très capricieux, en attendant l’heure excitante du déploiement.

Nous avions cinq rouleaux que nous avons déroulés du haut d’escaliers, événement mémorisé par de nombreuses vidéos et photos. L’ensemble était du plus bel effet et cela nous a permis de passer un agréable moment entre artistes. J’étais ravie de retrouver certaines figures chères à mon cœur, et un peu déçue de ne pas en voir d’autres.

Je suis rentrée en me disant qu’après le départ de ma sculpture Surfeur sur la Vague, il y en a une qui n’attend que son acquéreur : Virtualité.

Je me souviens que cette autre personne – qui avait vu la sculpture au GMAC (marché) de St Sulpice – avait été vraiment touchée parce qu’elle y voyait sa vie, devant elle.

Que cette personne me contacte ! Il peut toujours y avoir des arrangements quand il y a un véritable coup de cœur. Si je vois que c’en est un, mon but est que nous soyons entièrement heureux l’un et l’autre.

Voilà, c’est dit.

Allez, encore une photo de Virtualité, histoire de rappeler à quel point elle est vivante et belle :

Virtualité - Gisèle F

Virtualité – Gisèle F

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Hé oui, les bonnes choses (et crevantes) ont parfois une fin, et on peut dire que là, ça s’est terminé puisque Joël Garcia nous a mis dehors, en attendant le prochain salon. Pour ceux qui ne le savent pas, Joël Garcia est THE organisateur d’une tripotée de salons d’arts sur Paris et ses environs.

Cinq jours donc exténuants, comme tout salon qui se respecte, et encore, je dois à l’inestimable Galerie#1 le privilège de ne pas avoir eu à faire le pied de grue du matin au soir, ce qui m’a permis de bosser un peu dans l’intervalle.

Avant tout, je veux dire que c’est vraiment, mais vraiment précieux d’avoir une galerie qui parle pour nous, qui vante notre travail et qui s’implique vraiment, donc merci, merci à Karel et Isabelle d’avoir bien voulu nous représenter.

Nous étions 14 (je crois), histoire d’éviter le chiffre 13, quoique personne n’en avait rien à faire étant donné que nous ne sommes pas superstitieux. Tous n’étaient pas présents, mais le noyau dur était vraiment sympathique, et même si nous n’avons pas forcément parlé comme des pipelettes, un courant d’amitié et de fraternité courait qui valait bien tous les discours.

Nous avons eu le droit durant la manifestation à deux performances d’un des peintres, dont l’une aurait pu – peut-être – nous faire arrêter, mais je n’en dirai pas plus (vous n’aviez qu’à être là !). Je confirme, la performance est souvent de la provocation.

Notre stand était très riche, autant par les univers que par les matières choisies. En résultait un tableau global hétéroclite, donc suscitant curiosité et intérêt. De nombreuses touches, mais des porte-monnaies frileux.

Pour ma part, deux de mes œuvres ont fortement interpellé deux messieurs, dont j’attends la transformation du coup d’essai. Allez messieurs, cédez au coup de cœur, c’est ce qui crée le plus de frissons ! (go gentlemen, give the coup de coeur, this is what creates the most chills!) (faut que je traduise, l’un est américain)

Je vois en tout cas que ça y est, les gens commencent à pouvoir imaginer mes œuvres chez eux. J’avais commencé un peu trop tôt, il fallait que ça fasse son chemin. J’ai été surprise même de voir à quel point l’une d’elle attirait du monde. C’est celle-là :

Virtualité - Gisèle F

Virtualité – Gisèle F

C’est d’ailleurs une de celles qui a tapé dans l’œil d’un des acheteurs potentiels. L’autre, c’est la fameuse L’Avaleur :

S'échapper du dictat...

L’Avaleur – Gisèle F

 

Donc voilà, une aventure se termine, une autre se prépare, pour l’automne cette fois-ci, dans le prestigieux Espace Cardin. J’espère avoir le temps de terminer une nouvelle création avant, un peu encombrante.

Si vous voulez plus d’images de la manifestation, c’est ici, sur le site de Galerie Numéro 1 :

www.galerienumero1.com

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J’ai découvert dernièrement, avec une stupeur horrifiée, dans un rapport de Marc-Olivier Sephiha (http://soseducation.com/methode-syllabique/ , en bas de la page), professeur de français de son état, le niveau de certains jeunes en fin de 6e et même en fin de 3e suite aux fameuses réformes sur l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Nous ne sommes même plus au niveau des erreurs orthographiques ou de conjugaison, ni même d’une écriture phonétique, nous en arrivons à des enfants et pré-adolescents qui ne sont pas capables de reconnaître et d’écrire un son !

Ce professeur dans son rapport a voulu montrer à quel point l’instruction devenait impossible en publiant quelques textes desdits élèves (en ZEP des Hauts de Seine). Pour exemple, l’un de ses élèves lors d’une dictée a écrit « il nachait dans l’eux » pour « il nageait dans l’eau ». Il aurait pu écrire « l’o » par exemple, mais non, c’est pire que cela. Il était incapable de reconnaître le son « o » et le son « eu », le « ch » et le « g ». Les exemples de dictées dans ce rapport sont à faire dresser les cheveux sur la tête. Même en faisant exprès, nous n’arriverions pas à faire des fautes pareilles. Selon le constat du professeur, 95% des élèves des deux collèges ZEP font des erreurs sur le son des lettres !

La faute ? Principalement la méthode globale d’apprentissage de la lecture et de l’écriture, qui vient supplanter la méthode syllabique, alphabétique. Même la méthode mixte fait des dégâts (page 23 du rapport, comparaison des méthodes).

Ces enfants sont totalement illettrés. Comment ces adultes de demain pourront comprendre des consignes de travail, savoir comparer, critiquer, évaluer, comprendre leurs semblables, apprendre un métier, voter en toute intelligence ? Ils seront manipulés par des gens peu scrupuleux, seront incapables de faire la différence entre le bien et le mal, et le pire : croiront qu’ils sont libres alors qu’ils sont totalement pris au piège.

Et pourquoi, alors que les évidences sont là, les faits avec des chiffres, l’Éducation Nationale (ou plutôt ceux qui tirent les ficelles derrière) continue de prôner la méthode mixte et de refuser d’entendre parler de l’ancienne méthode ? Pourquoi les syndicats d’enseignants cherchent à discréditer une méthode qui a toujours fait ses preuves et qui continue de donner des gens éduqués sachant lire, écrire, réfléchir, créer ? La question mérite d’être posée.

La tendance n’est-elle pas à chercher à abrutir les masses pour pouvoir mieux les diriger ? En laissant faire, nous fabriquons une population inculte et donc incapable de discerner le vrai du faux, le juste de l’injuste, les bonnes influences des mauvaises. C’est de cette façon qu’on fabrique des robots.

C’est à nous parents, gens instruits et honnêtes, qu’incombe le devoir de partager notre savoir et notre culture, de les pérenniser, en éduquant nos enfants avec la méthode syllabique, en leur donnant l’amour de la lecture et en aiguisant leur sens critique, en soutenant les professeurs qui cherchent à dispenser le bon enseignement et en faisant savoir au plus grand nombre que le futur des enfants et de la société entière est en danger si nous continuons à « laisser faire ».

Un site excellent sur l’éducation : SOS Éducation (http://www.soseducation.org/index.php). Vous y trouverez des trésors en termes de méthodes, enquêtes, rapports, pétitions, etc, pour vos enfants… et pour le monde de demain.

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Très beau discours, plein d’humanité et de solutions. MDLM remet la responsabilité du monde entre les mains des bonnes personnes, avec générosité et simplicité.

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Journal Intime Conviction

Les sages et les philosophes sont de plus en plus jeunes, je crois que cela est plein d’espoir…

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