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De nombreuses personnes ont constaté depuis quelques jours que dans les paramètres de leur smartphone s’affiche ce qui ressemble à une application « Covid-19 », sans qu’elles aient téléchargé quoi que ce soit. Elle est apparue avec les dernières mises à jour de Google Play Services (Android) et de Apple (iOS). Dans un Android, cette option apparaît sous le titre « Notification d’exposition au Covid-19 » ; dans un iPhone, sous le titre « Journalisation des expositions au Covid-19 ».

Notification Covid dans smartphone

Des messages alarmistes ont alors très vite fleuri sur la toile, accusant le gouvernement français d’avoir piégé tout le monde avec l’app StopCovid, censée être basée sur le volontariat.

Comme il n’est pas évident de faire le tri parmi les informations que l’on reçoit, souvent contradictoires en apparence, voici de quoi éclaircir, je l’espère, la chose, avec de véritables sources. Une véritable source, en essence, ce sont la ou les personnes qui rapportent elles-mêmes leurs propos et actes, sans qu’une tierce partie vienne interpréter leurs faits et paroles. Après, chacun est libre de penser que ces sources disent la vérité ou mentent, mais nous entrons alors dans le domaine de l’opinion.

Voici les faits concernant cette mystérieuse apparition sur nos mobiles (dont la presse technologique fait état depuis un bon moment déjà) :

1 – L’application StopCovid n’est que l’une des multiples apps élaborées dans le monde. Chaque pays qui le désire possède la sienne, avec un nom différent (SwissCovid, par exemple). Donc retenir que StopCovid est l’app développée pour la France. Elle est téléchargeable sur la base du volontariat. Elle fonctionne avec le Bluetooth (échanges de données à courte distance).

2 – Toutes les apps de traçage de contacts permettent à un utilisateur découvrant qu’il est contaminé (parce qu’il a fait un test de dépistage) de prévenir les personnes qu’il a croisées les jours précédents. Ce qui est possible dans la mesure où il a activé le bluetooth de son smartphone ; ce dernier peut alors garder en mémoire les autres smartphones des personnes croisées ayant téléchargé l’app. Le nom des dites personnes est transformé en pseudonyme pour préserver l’anonymat.

En bref :

  1. vous avez été en contact à moins d’un mètre de distance avec 10 personnes (c’est un chiffre arbitraire) pendant 15 minutes dans les quelques jours précédents,
  2. votre smartphone a enregistré sous forme anonyme ces 10 personnes (qui ont bien sûr téléchargé elles-mêmes l’application),
  3. vous avez été dépisté.e « positif/tive »,
  4. vous choisissez d’envoyer un message à ces 10 personnes, qui leur dira qu’elles ont croisé la route d’une personne contaminée (vous serez anonyme pour elles également),
  5. à elles d’organiser la suite : s’isoler, appeler leur médecin, se faire dépister.

Voilà donc ce qu’est une app de traçage de contacts.

Et voici le lien vers le site du gouvernement qui explique comment fonctionne l’application française StopCovid ainsi que la limite de ses pouvoirs : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/stopcovid.

3 – Google et Apple ont bien développé quelque chose ensemble, au niveau international, pour aider à lutter contre la propagation du virus. Je vous invite à lire leur déclaration commune ici : https://www.apple.com/fr/newsroom/2020/04/apple-and-google-partner-on-covid-19-contact-tracing-technology/

Leur objectif est d’apporter une interopérabilité des systèmes sans manger l’autonomie des smartphones, tout en garantissant le respect de la vie privée avec le chiffrage des données échangées. Avec leur système, les clefs pour identifier un smartphone sont générées aléatoirement et renouvelées tous les jours.

Mais ce dispositif n’est qu’une API (interface de programmation d’application) – une sorte de « kit de développement » qui a été intégré à leur système d’exploitation. Pour faire clair, c’est une interface qui facilite le développement d’applications de traçage de contacts, mais qui reste inactive tant qu’on ne télécharge pas d’app de traçage de contacts dessus.

Si vous cliquez sur la notification apparue dans votre smartphone, ceci s’affiche :

Notification Covid sur smartphone-2

En cliquant sur le point d’interrogation ou sur le « En savoir plus » en bas de cette page, vous obtenez ceci :

Assistance API Covid

Les créateurs d’apps qui voudront utiliser cette interface pour en installer une devront obéir aux conditions de Google et Apple (G & A), c’est-à-dire que l’app devra être téléchargée sur la base du volontariat et ne devra pas collecter des coordonnées de géolocalisation. Et chaque utilisateur pourra choisir s’il veut déclarer ou non sa contamination aux autres personnes dont il a croisé le chemin. D’autres conditions ont été posées, que je ne vais pas énumérer ici, toujours dans le sens du respect de la vie privée.

4 – Le gouvernement français a refusé d’exploiter cette technologie, souhaitant garder l’entière maîtrise de son app. Pour rappel, ces apparitions dans les paramètres de nos smartphones sont dénommées « Covid-19 », alors que notre app française s’appelle « StopCovid », donc rien à voir.

La raison du refus du gouvernement français : avec l’API de G & A, les données d’exposition et les identifiants sont stockés sur les smartphones et non sur des serveurs externes. Et G & A ne donnent pas ces informations aux autorités.

Ainsi l’app StopCovid fonctionne sans la technologie proposée par Google et Apple, elle n’est liée en aucune façon à leur API.

5 – Ce n’est pas parce que vous êtes dans les contacts téléphoniques d’un.e ami.e que vous allez être fiché.e. Encore une fois, ce système de traçage ne fonctionne qu’entre personnes qui ont téléchargé l’app StopCovid. Si vous ne l’avez pas téléchargée, vous ne recevrez aucun message ni ne serez pisté.e.

En résumé :

  • L’option « Covid-19 » que vous voyez affichée dans les paramètres de vos smartphones n’est pas une app.
  • Google et Apple ont créé une interface pour smartphones qui servira de base au développement d’applications de traçage du Covid-19, destinée aux pays qui veulent adopter leur outil.
  • Sans téléchargement d’une app de traçage des contacts, cette interface est inactive.
  • Le gouvernement français a refusé la solution de G & A et a développé sa propre app de traçage, StopCovid.
  • Vous ne serez tracé.e en cas d’alerte de contamination que si vous avez vous-même téléchargé l’app StopCovid.
  • Pour être considéré.e à risque, il faut que vous ayez été en contact avec une personne contaminée durant 15 minutes d’affilée à moins d’un mètre de distance.

Maintenant, si vous doutez encore de la transparence de cette app, il existe un moyen de ne pas être tracé.e, qui rejoint totalement les précautions à prendre en terme de cybersécurité :

  • Désactivez votre géolocalisation dès que vous n’en avez plus besoin ;
  • N’activez pas votre Bluetooth. D’une part, c’est la porte ouverte au piratage de données à proximité (StopCovid utilise toutefois le cryptage de données); d’autre part, la technologie à la base de l’app est le Bluetooth. Sans Bluetooth ni géolocalisation, pas de traçage.
  • Si vous ne l’avez pas encore fait, installez un VPN sur votre mobile, en plus d’un antivirus.

Je précise néanmoins que je ne suis pas en train de pousser à ne pas télécharger l’app StopCovid. Chacun fait comme il veut, je donne juste des marches à suivre pour ceux qui n’en veulent pas.

Voilà, j’espère que mon explication aura été claire et vous aura rassuré.e. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à commenter, je mettrai à jour le billet si besoin avec de nouvelles informations.

En regardant certaines vidéos sur Instagram, je me suis demandée si le plus grand fléau de ce siècle n’était pas le smartphone, combiné aux réseaux sociaux.

Pourquoi une si terrible interrogation, me direz-vous. Tout simplement parce que maintenant, n’importe quelle personne dans la rue est soumise à la tentation de se couronner juge, en filmant des gens et en postant les vidéos sous couvert de « dénoncer ». Est-ce une perte de confiance en la justice ? Pas si sûr.

Ainsi, nous qui nous vantons d’être dans un monde plus libre qu’avant – ou plus libre qu’ailleurs – sommes-nous en train de recréer une certaine forme d’Inquisition, dont le droit à l’oubli est banni à jamais grâce à la transmission mondiale des données. Et si un personnage important mis au pilori arrive parfois à retrouver du travail et la confiance de ses pairs, une personne plus modeste subissant ce genre d’attaque violente n’a pas cette voie de sortie : elle peut perdre son travail, son époux/se, ses enfants, sa maison, ses amis, l’entraide de ses voisins, tomber en dépression, ne plus arriver à subsister, simplement parce que « la vidéo a dit que ». À notre époque de Fake news, de vérités arrangées ou sorties de leur contexte, de points de vue personnels érigés en « faits véridiques », le danger est d’autant plus grand.

La personne lambda qui décide de soit-disant dénoncer – sans vérifier quoi que ce soit de visu – devrait se rendre compte qu’elle risque de détruire la vie d’autres personnes, des institutions, des bonnes volontés, etc. Celle qui partage ces informations – sans vérifier non plus de visu – devrait s’offrir le même examen de conscience.

Ce sont aujourd’hui des millions de juges potentiels qui marchent dans la rue, nous intimant d’entrer dans le rang sous peine d’échafaud social. Est-ce un monde plus libre ? C’est surtout un monde sous la menace continue d’un Big Brother dont les tentacules sont les citoyens mêmes. 1984 (le roman d’anticipation d’Orwell – une dystopie pour ceux qui ne connaissent pas) n’a rien perdu de son actualité.

Aime-t-on vraiment faire à un autre ce qu’on n’aimerait pas qu’on nous fasse ? J’ose penser que non. Il faut pour cela réfléchir aux conséquences – et surtout, ne pas accepter systématiquement comme vrai ce qu’on découvre dans les réseaux sociaux et autres médias.


La techeunologie, c’est avant tout l’ensemble des techniques visant à faciliter la vie des gens, ET PAS A FACILITER LEUR MORT.Voilà, il fallait que ce soit dit. Après ce vilain gros mot, je me lave la bouche au gros sel (d’ailleurs ça fait du bien aux dents) afin de me débarrasser des sournoiseries qui pourraient encore s’accrocher à ma plaque dentaire. Bien.

Nous baignons depuis quelques poignées d’années dans un monde de techeunologie pure et dure et si nous avons du mal à pédaler derrière, hé bien c’est tant pis pour nous ! Heureusement nos enfants génétiquement modifiés sont nés avec un disque dur à la place du cerveau (parfois il leur faut deux ventilateurs) et sont capables de s’adapter bien plus rapidement que nous autres, ancêtres des cavernes du 20e siècle. Ils peuvent donc se pavaner et étaler leur science comme du kiri sur une tartine de pain.

Bon, que savent-ils en fait ? Se servir de la chose, oui oui, d’accord. Mais pas la fabriquer ou la créer (enfin, la majorité) ! Les « Je ne jure que par la techeunologie » sont absolument certains de tout savoir sur le sujet mais s’offrent en fait aux créateurs de ces joujoux (hiboux, choux, cailloux, genoux) comme autant de cobayes consentants.

Alors je me suis dit : « Tiens, » (parce que quand je me parle, je mets des guillemets), « Tiens, donc, pourquoi ne serais-je pas une révélatrice de conséquences ? » Pas une intellectuelle déprimante tirant sur sa pipe, ni une artiste torturée et obscure, ni une obsédée de fins du monde, non, une tirailleuse de consciences sympa, qui titille et fait passer les choses avec humour. Parce que l’humour, c’est notre première paire de lunettes.

Voici donc ce que donne la techeunologie informatique lorsqu’on la laisse entre toutes les mains, sans mode d’emploi :

(Gisèle F)

Transfert de Données – Quand le pouvoir a changé de mains…. –

(Gisèle F)

Geek – A consommer sur place –

Virtualité – Quand le réseau est ton ami

Touches-à-Tout – Liberté ou conventions ?

(Gisèle F)

Silicium Valley – A la recherche du savoir perdu –

Log’n Graff – Une autre façon de s’approprier la connaissance…

(Gisèle F)

Domptage de souris – A défaut de maîtriser le contenu…. –

L’Avaleur – S’échapper du dictat…

Sur le pouce – Juste le minimum vital, peu importe la qualité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Overclocked – Quand trop d’informations nuit à l’information

(Gisèle F)

Mémoire Cache – Parce que tout semble aller plus vite ainsi… –

(Gisèle F)

Le Penseur Numérique – Qui possède la mémoire ? –

Surfeur sur la vague – Déferlante d’informations : quelle crête attaquer ?

Mémoire Vive – Savoir perdu, savoir caché, la clé de l’énigme est sur l’écran

Vous retrouvez-vous dans l’une de ces sculptures ?

😉

Fuite de cerveau – Quand le Savoir nous file entre les doigts…


Bon, sérieusement, je ne pouvais pas rester sur un constat négatif concernant les photos truquées (Photos truquées, témoignages du passé dans le futur ?), surtout après avoir écrit Ces informations qui nous font tout voir par un certain bout de la lorgnette (cliquez dessus si vous voulez les lire/relire).Alors j’ai trouvé des articles très intéressants, que je partage ici, pour aider à reconnaître une photo truquée et devenir des pros de l’anti-fake, parce que m…, faudrait voir à ne pas suivre les joueurs de flûte la nuit, si vous voyez à quoi je fais allusion.

Pour donner mes sources, je tire déjà un passage de la page : http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/19071/savoir-reconnaitre-une-photo-truquee-ligne/

Ce passage, le voici (je n’ai recopié que le plus intéressant) :

« Comme l’explique l’article de Madrigal et celui-ci du journaliste Erwann Gaucher, il peut être intéressant de comparer l’image qui circule avec une photo ancienne prise au même endroit. Reconnaît-on les bâtiments ? Y a-t-il des éléments bizarres ? Manque-t-il des objets comme un panneau de stop dans la rue, des fils électriques, une maison au toit particulier ? Etc. Car en général, les petits farceurs qui font des montages omettent ces détails afin de publier le plus rapidement possible leur création.

Gaucher propose aussi d’utiliser le moteur gratuit de recherche d’images Tin Eye qui permet de savoir si une image similaire a déjà été mise sur le Web auparavant. En vérifiant aussi les informations Exif de l’image (notamment avec ce site, ou par le biais d’une extension pour navigateur), l’internaute peut être informé de l’appareil utilisé, de la date et de l’heure de la prise de vue, etc. Si ces données n’accompagnent pas le cliché, c’est sans doute qu’il s’agit d’un faux. »

Vous avez remarqué que j’ai mis les liens, les sources, et recopié un extrait sans changer quoi que ce soit.

Je suis également allée voir le site de ce fameux Erwann Gaucher pour en savoir un peu plus. Voici un lien vers son article sur le sujet, qui prend pour exemple les multitudes de photos truquées ayant circulé sur l’ouragan Sandy en 2012 : http://www.erwanngaucher.com/article/30/10/2012/sandy–5-conseils-pour-eviter-les-fausses-photos/1010.

A cela, j’ajoute le lien vers l’outil TinEye : http://www.tineye.com/ et vous voilà parés, vous ne pourrez plus vous faire avoir !

Bon, ces astuces ne sont pas infaillibles (il est toujours possible de truquer une date de photo par exemple), mais c’est déjà un grand pas vers la liberté de choisir de gober en toute connaissance de cause les fakes qui circulent sur le Net (repris parfois sans vérification – « Oups ! Scusez-moi, le mort a finalement quelque chose à nous dire… » – par les médias ‘sérieux’, comme on en a déjà eu le témoignage).

On adore faire circuler des photos pour leur beauté ou leur côté dramatique, mais on doit aussi à la communauté – ben oui, c’est plus sympa – de préciser que c’est un fake. Après tout, est-ce que communauté ça n’implique pas quelque part qu’on est des potes ? Vous voudriez mentir à un ami ?

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Je regardais hier des photos truquées absolument démentielles, tellement parfaites que si je n’avais pas su – de ‘source sûre’ – qu’elles étaient montées de toutes pièces, j’y aurais cru. Je ne pouvais déceler le moindre défaut, que ce soit dans la superposition des images, les différences de couleur, les contours, rien.

Je me suis dit que c’était assez effrayant car, en dehors du témoignage de l’auteur de la photo, QUI ou QUOI pourrait prouver dans le futur que ces photos étaient truquées ? Et quand l’auteur sera mort, quel témoignage restera-t-il de la vérité à part des transmissions orales, donc déformatrices par nature ?

S’il le faut, dans des milliards d’années, un type d’une autre planète arrivera sur la nôtre, verra ces photos et se demandera comment un humain pouvait se dédoubler 15 fois, ou capturer le Soleil entre ses mains, ou tenir un mini dragon sur le bout de ses doigts…

Ou peut-être qu’il se dira : ils étaient vraiment nuls, ces homo sapiens, même pas fichus de truquer proprement une photo !

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Ce soir, ma box qui fait des siennes : plus moyen de se connecter au sacro-saint Internet.

Bidouillages, débranchements, rebranchements, reset, redémarrage de la bécane, 192.xxx, changement de câble, et finalement allô hotline ! On y passe 20 minutes, à tout essayer. Je suis pourtant une pro, l’informatique ne me fait pas peur. Le gars, sympathique, me dit qu’il va falloir l’intervention d’un technicien à domicile : ça fera 49€. On se lance ?

Pas d’accord. Au revoir, merci pour tout, je vais me débrouiller. Ça fait peut-être bizarre comme ça, mais quand je ne suis pas d’accord du tout, les choses changent. J’avais juste confiance, ça m’arrive souvent. Cinq minutes plus tard, tout s’est remis à fonctionner ! Je t’aime, mon ptit ordi !

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