Le Syndrome de la Page Blanche

(version électronique et brochée)

« Mike Rossinter avait tout pour plaire aux filles : une belle gueule, l’insouciance et un humour résistant aux tempêtes. Lorsqu’une amie lui avait demandé de l’aider, il avait répondu présent bien sûr.Depuis, il descend en enfer. Et à chaque étage, il se dit que ce foutu jour, il aurait mieux fait de rester couché. »

 

Quelques commentaires de lecteurs – et du magazine Le Gotha !

        « A partir d’une idée très originale, un bégaiement inattendu et inexplicable qui empoisonne la vie des personnages principaux, l’auteur tisse la trame d’un cauchemar oppressant, dont l’intensité va crescendo de page en page. Heureusement, l’humour agrémente tout le récit, rendant la tension supportable au lecteur. Une lecture prenante de bout en bout, qui ne décevra pas les amateurs de l’étrange… »  LPE

        « Histoire incroyable qui se dénoue comme un pull qu’on détricote. Des personnages attachants et des aventures rocambolesques pour se retrouver tout bête devant la fameuse feuille blanche. »  AdP

        « Une histoire banale de bégaiement qui vire au cauchemar pour les personnages. L’irrationnel prend vite le dessus, non sans nous arracher des éclats de rire au passage. Beaucoup d’humour, le tout décrit dans une plume agréable et fluide. Ce roman se lit bien et avec un beaucoup de plaisir à chaque page. »  CM

        « On se laisse facilement porter par Le syndrome de la page blanche. On s’y laisse entraîner avec plaisir et sans aucun a priori. Le ton utilisé tout au long de l’histoire mélange avec finesse humour et cynisme, nous décrochant souvent un sourire en coin, tant à cause des expressions alambiquées du narrateur qu’à cause de son vocabulaire explosif et outrancier. Et si la relation entre Mike et son amie aurait pu être un peu plus approfondie, elle est touchante malgré tout. »  Le Gotha (pas celui de S. Bern, l’autre)

 

– Extrait –

 

[…] J’aimais bien traîner dans les rues parfois et ce soir-là mes pas me dirigèrent mécaniquement vers le parc, tandis que le soleil disait bye-bye à l’hémisphère nord et allait voir de l’autre côté si j’y étais. Le parc était presque désert, ce qui ne manquait pas d’être insolite car le temps était doux et il ne pleuvait pas. J’errais dans les allées, ne pensant à rien, et je passai ainsi devant ce qui semblait être un clochard – à moins que ce soit un type qui n’avait pas dessoûlé depuis le vendredi soir – assis sur un banc. Je n’y aurais pas prêté attention plus que cela, s’il ne m’avait fixé de façon quasi hypnotique en marmonnant quelque chose entre ses lèvres engourdies, qui tout en m’étant parfaitement inintelligible, ne m’en mettait pas moins mal à l’aise. Je m’étais approché de lui, prêt à lui dire « Ça va ? » ou une autre connerie de ce genre, juste histoire de détendre la boule qui s’était formée dans mon ventre. Avant que je n’arrive à distance confortable pour parler, il pointa soudain son doigt vers moi et baragouina, les yeux exorbités : « Gou … i …go… yaa …go..go..go », puis éclata d’un rire qui n’eut comme effet que de me resserrer la gorge. Il me dit ensuite une phrase que je n’oublierai plus de toute ma p… de vie : « Bientôt ton tour ! b-b-b-ientôt … tôt-tôt…ton… t-t-our !!! »

Sa phrase eut un effet indescriptible sur moi. Je lui sautai à la gorge : « Salaud, c’est toi enfoiré !! Qu’est-ce que tu lui as fait ?!! »

Il me regarda de ses yeux globuleux injectés de sang et se remit à rire de plus belle, ce qui acheva de me faire perdre mon sang-froid. Je l’agrippai par le col de son imper froissé et le fis valser jusque de l’autre côté du chemin. Il accrocha le sol avec ses dents et je ne lui donnai pas l’occasion de se relever. Je bondis à ses pieds et lui envoyai des coups de lattes dans les côtes en lui balançant tout le vocabulaire injurieux que j’avais patiemment engrangé durant mes années de collège. Je ne crois pas avoir jamais senti une rage aussi féroce, aussi loin que je puisse me rappeler. J’étais comme aveuglé, je voyais rouge. Je me sentais dans la peau d’un de ces types qui arrivent à tuer sous le coup de la folie. Presque.

Quand enfin je me suis arrêté, ce pauvre connard riait toujours, avec son sang qui dégoulinait sur sa figure tuméfiée. Je me suis dit que c’était moi le connard. Je venais de frapper un type dans un jardin public parce qu’il avait bégayé en me parlant ! S’il y avait eu un flic dans les environs, j’aurais été bon pour la taule.

J’ai relevé le type en vitesse, qui affichait son sourire le plus niais – « Bravo ! Vous venez de gagner un million de carottes à la Grande Roue de la Fortune ! » – et l’ai replacé sur son banc avant de filer comme un voleur. Mais je n’ai pas couru assez vite pour m’empêcher d’entendre une dernière fois sa voix éraillée qui ricochait sur moi comme un écho contre les murs d’une grotte : « ..t-t-ton… tour… tour …tour ! »

Lorsque je suis arrivé chez moi, j’étais en sueur, haletant comme un bœuf et plus parano que le dernier des psychotiques. Je n’avais cessé de regarder par-dessus mon épaule durant tout le temps de ma course, épiant le Columbo qui surgirait d’un fourré et me sauterait dessus, les menottes au poing.

Une fois la porte de mon duplex refermée derrière moi, j’ai commencé à souffler. J’ai pris un long bain durant lequel j’ai pu réfléchir à ce qui venait de se passer.

Ce type n’était pas innocent, j’aurais pu le jurer. Ce n’était pas une phrase anodine, pas plus que le bégaiement n’était banal. J’avais été stupide, j’aurais dû le questionner, lui extorquer ce qu’il savait sur le mal dont souffrait Manuela. Il n’était peut-être pas l’instigateur, mais il savait sûrement des choses que j’ignorais. Il fallait que je le revoie.

Je suis sorti de la baignoire, ai enfilé un vieux t-shirt et un jean. 19h. J’avais encore le temps de retourner dans ce parc avant … je ne sais pas, je devais bien ça à Manu.

En arrivant au parc, le type avait bien sûr disparu. Je n’étais pas fier de la façon dont je m’étais conduit mais j’ai étouffé ma conscience en me disant qu’il n’allait pas oublier la leçon et qu’il passerait le message à l’enfant de p… qui avait jeté un sort à Manu.

Un sort ! Je déraillais complètement. […]

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