Les femmes de Game of Thrones – Extraits

Les héroïnes de GoTLe Trône de Fer, ce sont des hommes et des femmes, avec leurs forces et leurs faiblesses, jetés dans un univers sans pitié aux enjeux politiques démesurés, dans lequel chacun cherche à tirer son épingle du jeu.

Les femmes de Game of Thrones propose un regard sur vingt de ces femmes fortes, courageuses, sensuelles et manipulatrices, qui tentent de s’émanciper de leur destinée malgré le déterminisme social. Personnalité profonde, rôle politique, comparaison avec des personnages historiques, rapports avec leur entourage,… ce livre plonge dans l’intimité de ces guerrières en leur rendant hommage. Leurs destinées font écho à notre société moderne, mettant en perspective des psychologies complexes, en prise à des choix souvent cornéliens.

Vingt portraits emblématiques donc, miroirs des problématiques contemporaines et d’une société où la place de la femme reste en constante évolution.

(illustrations : Célia Beauduc)

– Extraits –

Cersei Lannister – Célia Beauduc

Cersei Lannister :

« Quiconque n’est pas nous est un ennemi »

Sa personnalité

Cersei est une personne sombre et plutôt renfermée. Malgré l’existence de ses deux frères, elle donne l’impression persistante d’être enfant unique. C’est une personnalité forte, courageuse, déterminée, mais également égocentrique, calculatrice, solitaire et rongée de l’intérieur par une folie qui ne cesse d’étendre son influence.

Supérieurement intelligente, elle a su écouter pour retenir. Son père a été sans le vouloir un mentor pour elle : Cersei en a appris l’art de la stratégie et de la domination, en assistant à ses conseils de guerre en tant qu’observatrice. Elle est stratège et pragmatique, un double atout qui lui permet de façonner l’avenir tout en profitant des opportunités.

Les rapports incestueux que Cersei entretient avec son frère Jaime ne la gênent en aucune façon : la morale glisse sur elle sans même la chatouiller. Comme elle le dit à Ned Stark, qui a découvert leur relation, ils ont partagé le même utérus, donc ils s’appartiennent l’un l’autre. Et puis, rappelle-t-elle, l’inceste n’est pas condamné partout : pour preuve, les traditions targaryennes, permettant de conserver la ligne « pure ». Cersei préfère oublier la dégénérescence qui semble en découler. Dans les premiers temps, seule une prudence calculée la mène à cacher sa préférence, car les têtes volent vite dans ce monde où le viol et le meurtre sont communs, mais où il ne faut pas non plus dépasser certaines limites. Ce qui ne l’empêchera pas plus tard d’afficher sa relation avec Jaime à la face du monde, en grande provocatrice qu’elle est ; mais elle est reine alors, une reine qui s’impose par la force et à laquelle il ne vaut mieux pas s’opposer.

De toute façon, Cersei a la conscience tranquille, persuadée qu’elle agit pour le mieux de la Couronne. La fin justifie les moyens et elle ne lésine sur aucun d’eux pour obtenir ce qu’elle veut. Dans sa vision bien à elle du monde qui l’entoure, les humains ne sont que des objets parfois utiles, devant être à son seul service. Elle entretient d’ailleurs une autre relation incestueuse avec son jeune cousin Lancel Lannister.

Cherche-t-elle réellement à établir un royaume où la paix règnerait, où tous la reconnaîtraient et la serviraient en payant sagement leurs impôts ? Rien n’est moins sûr. Elle semble profondément misanthrope. Si elle en avait le pouvoir, sa haine apparente du genre humain la conduirait probablement à l’exterminer. […]

***

Arya Stark – Célia Beauduc

Arya Stark

« Je ne suis pas une lady, ce n’est pas moi. »

Super-héroïne ? Féministe ?

Courage, ténacité, honneur, pugnacité, voici des qualités qui pourraient élever Arya Stark au statut d’héroïne. Elle s’en tire bien mieux que nombre de femmes de la saga, alors qu’elle n’est qu’une enfant ayant perdu très jeune ses parents. Tous les codes classiques sont rompus ici. Et plutôt que de compatir en suivant ses aventures, nous admirons sa capacité incroyable à changer le futur pour pouvoir y survivre. Elle ne subit pas les événements très longtemps, elle les analyse vite et en tire les éléments nécessaires à sa survie, puis elle agit. Un modèle pour tous.

Malgré son allure de garçon manqué, elle tient à sa féminité et la revendique (lorsque bien sûr cela ne la met pas en danger). « Je suis une fille », dira-t-elle plus d’une fois en protestant. Car ce n’est pas son genre qui la met en péril, mais le fait qu’elle est une Stark. Cela, elle l’a bien compris.

Arya a su s’émanciper de tous les protecteurs qui ont gravité autour d’elle, pour mener seule sa barque. Contrairement aux femmes puissantes évoluant dans Game of Thrones, elle ne vise pas le Trône de Fer. Elle veut se venger, c’est le moteur de sa vie, et si elle dispense un peu de justice dans ce monde, alors soit. […]

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Sansa Stark – Célia Beauduc

Sansa Stark

« Nous n’aurions jamais dû quitter Winterfell. Ne souhaiterais-tu pas revenir au jour de notre départ ? J’ai envie de me crier à moi-même : “Ne pars pas, idiote ! »

Son comportement et sa psychologie

Sansa est malléable, manipulable, parce qu’elle ne veut pas voir cette vérité qui ferait s’écrouler son château merveilleux. Elle préfère mentir plutôt que de soutenir sa sœur Arya. Elle le paie cher. Elle pousse son père à se parjurer et le paie encore plus. L’honneur du clan Stark n’est pas ce qu’a retenu Sansa de son éducation.

La peur est l’émotion qui l’anime la plupart du temps au début de son histoire : appréhension de ne pas être à la hauteur avec Joffrey Baratheon – « Me trouve-t-il laide ? Arriverai-je à lui donner un fils ? » –, terreur lorsque lui est révélée la vraie nature de son époux, soumission totale durant le règne de ce dernier par crainte des représailles… Ses nerfs sont mis à rude épreuve.

Son instinct de survie lui dicte de faire profil bas et d’obéir, car elle est seule dans ce royaume qui n’est pas le sien, depuis la mort de son père et la disparition d’Arya. Elle tente d’amadouer Cersei, qui se fait une joie de lui rappeler qu’en tant que fille, Sansa n’a le droit que de se taire et d’essayer d’aimer son destin. Fais ce que je dis, pas ce que je fais.

Sa plongée dans les enfers la fait mûrir, mais la leste hélas d’une amertume trop précoce – « À l’époque, je ne pensais qu’à ce que je voulais, jamais à ce que j’avais. J’étais une fille stupide. » Elle érige alors un mur de froideur entre elle et les autres, et rien ne semble désormais plus l’atteindre. Derrière sa rigidité gronde une colère sourde, comme un loup qui menace avant d’attaquer. Ils ont été nombreux autour d’elle à avoir brisé ses rêves et sa rancune est tenace. […]

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