Manuel de survie à l’attention des employés…. avant de se jeter par la Fenêtre !

Existe-t-il une personne qui n’ait jamais eu de problème avec un collègue, un supérieur, un associé, un subalterne, ou les mêmes au féminin ? Pour la plupart d’entre nous, le théâtre de la vie se joue sur le lieu de travail. Cette vie en communauté ouvre bien sûr la porte à une infinité d’histoires, que le ‘Manuel de survie à l’attention des employés… avant de se jeter par la fenêtre’ dépeint avec humour.

Langage secret d’entreprise décodé, kits de survie, situations rocambolesques et fiction croustillante sur les amours au travail, le tout ponctué d’illustrations cocasses, tout a été réuni dans ce livre pour pouvoir rire en toute impunité des mini aventures en entreprise…

 

– Extrait –
[…] 1. Rapports humains

 » François me drague !

– NOOOOONNNN !

– Je te dis qu’il me drague. Quatre ans qu’on se croise dans la même boite sans jamais s’adresser la parole et aujourd’hui, il passe devant moi et me dit : « Bonjour ». Tu ne trouves pas ça étrange ?

– …Tu… tu es sûre que c’était bien à toi qu’il s’adressait ?

– J’étais seule dans le couloir ! Quelle autre raison pourrait-il y avoir au fait qu’il me parle ?

– Il n’avait pas une oreillette bluetooth dans l’oreille par hasard ?

– Ah… ah oui… »

C’est en voyageant d’entreprise en entreprise que cette vérité m’a sauté au visage : un certain pourcentage du genre humain déteste la compagnie imposée, développe des mains moites dès qu’il entend parler de travailler en équipe et traîne des pieds tous les matins pour se rendre à l’entreprise qu’il a – par erreur, dira-t-il – choisie quelques années auparavant.

Au départ, optimiste aux dents blanches, le gladiateur frais émoulu de son école arrive dans sa nouvelle famille le glaive à la main, enclin à le faire tournoyer avec zèle autour de sa tête. Ses premiers jours le voient dans son plus beau costume, le sourire aux lèvres et la mèche sculptée au gel. Il fait ainsi son entrée pur et vierge dans la cour des grands, traduction : la vie active.

A mesure que les arcanes de l’entreprise lui sont révélés, le challenge se meut en angoisse et les ulcères d’estomac font partie des mots clés qu’il tape fébrilement sur Internet lorsque personne ne le voit. La cravate se fait plus lâche, la chemise moins empesée, et le sourire ressemble davantage à une virgule.

Nanti de ses heures de travail qu’il agrémente d’un inlassable don de sa personne, il pousse toujours plus loin les limites de ses neurones, et sa stature autrefois fière accuse lentement la courbure de ses lointains ancêtres. Il commence à aimer les fins de mois, qui décrispent son banquier et allègent ses insomnies.

Lui qui appréciait ses collègues sympathiques des premiers jours ne peut plus s’empêcher de repérer les défauts de chacun : Matthieu ne sait pas ouvrir la bouche sans ponctuer ses phrases de « Tu vois ? Tu vois ? » ; Jean-Philippe partage ses maladies avec le plateau entier ; Delphine a un tic qui donne envie de l’étrangler ; Marc tire toujours la couverture à lui, même s’il ne fait pas partie des projets ; etc. etc.

Cette entreprise, dans laquelle notre battant avait mis tous ses espoirs, devient petit à petit sa coupe de venin qu’il remplit sans pouvoir se retenir, même si ses intentions de départ étaient mille fois plus louables.

Son intérêt personnel a maintenant tendance à passer avant l’intérêt collectif, et son principal souci devient que son intérêt personnel a tendance à se heurter à celui de tous les autres […]

***

[…] 4. Glossaire de l’entreprise

Il est maintenant des termes dont il est indispensable de connaître le sens caché. Laissons de côté les définitions du dictionnaire et penchons-nous sur la véritable signification du jargon en entreprise.

Alimentaire : Connu dans l’expression « de toutes façons ça m’est égal, c’est un boulot alimentaire ». Mot couramment employé pour i) le manque de cœur à l’ouvrage ; ii) la paresse ; iii) la peur de se lancer à nouveau dans la grande aventure du chômage ; iv) faire taire sa honte devant un travail inintéressant au possible et en dessous de ses capacités.

La fuite en réponse à ‘alimentaire’ est le grand voyage de quatre semaines organisé aux fins fonds du Kenya, qui finira au retour sur un régime spaghettis pour les deux mois qui suivent, mais l’employé s’exclamant la bouche pleine : « c’était super ! Ça valait vraiment le coup !!! ».

Assistante : Pense-bête du patron. Peine encore à se faire remplacer par le Blackberry et l’iPhone et heureusement pour elle. Participe activement à la vie privée de son supérieur puisqu’elle réserve ses voyages tant professionnels que personnels, accueille ses enfants au bureau quand elle n’a pas trouvé de nourrice pour les garder, gère ses comptes et peut aller jusqu’à remplir sa déclaration d’impôts (après 10 ans minimum de bons et loyaux services). Bénéficie parfois d’une chaise en cuir. Attention, ne pas confondre avec ‘Secrétaire’ (voir définition).

Bac + … : Précision sur le Curriculum Vitae qui en dit long sur le personnage, ou tout au moins sur la durée/valeur de ses études. S’agrémente d’un chiffre qui représente généralement le nombre d’années durant lesquelles l’ex étudiant a frotté son postérieur contre les durs bancs des universités, à écouter les orateurs du moment tout en textotant. Certaines personnes ont tellement adhéré à leur école qu’elles ont fusionné avec. Leurs traits et apparence trahissent les caractéristiques de ladite école au point de la deviner dès le premier coup d’œil.

Badge : Petite carte d’entrée dont la vocation est de se perdre. Très sensible aux humeurs de son propriétaire, elle peut décider du jour au lendemain de se démagnétiser, interdisant ainsi l’accès aux bureaux et réveillant l’angoisse dudit propriétaire quant à sa légitimité à occuper les lieux (« Y avait-il une lettre recommandée à mon attention ce matin ? »).

Barrage téléphonique : Réponse du cadre supérieur à l’envie pressante d’être seul(e) dans son bureau, soit pour y rédiger un document aussi confidentiel qu’ennuyeux, soit pour y prendre une pause café bien méritée en regardant les résultats des derniers matchs de, au choix : rugby, foot, tennis, golf (à noter que plus le cadre est supérieur, plus le sport auquel il s’intéresse a de petites balles). Le barrage téléphonique a toutefois ses limites que toute parfaite assistante se doit de connaître : il ne concerne pas les journalistes. Pour eux, les cadres supérieurs sont toujours disponibles.

Bizutage : Non, cette pratique n’est pas l’apanage des seuls armée, universités, campus et autres camps scouts. Le bizutage fait aussi partie de toute entreprise qui se respecte. Il prend toute son envergure avec les stagiaires, sur lesquels la bile et la rage du passé et du présent viennent se déverser. Parmi les harcèlements classiques se range la nuit blanche passée sur des calculs, de plus en plus sanscrits au fur et à mesure que s’allongent les heures et les cernes, pour un rapport qui sera jeté à la poubelle le lendemain. Sans compter les piques acerbes dont le bizut fait les frais et qu’il doit absolument concevoir comme des « plaisanteries » ou des « remarques formatrices » s’il ne veut pas que sa réputation en souffre. Il n’en apprend pas moins la dure loi du travail et en ressort épuisé mais aguerri. A noter qu’un ex stagiaire bizuté aura tendance à se venger, une fois promu, sur le premier stagiaire qui passera sous ses ordres.

Blackberry : Gadget incontournable des entreprises, grand violeur d’intimité, qui oblige son utilisateur à prendre ses vacances au milieu du triangle des Bermudes (il devra rapporter des photos) afin de pouvoir justifier sa non disponibilité d’un « désolé, je ne captais pas ».

Fait le bonheur des agences de voyages pour la même raison. […]

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