Les mystères de la pop culture nippone – Extraits

Un road trip au pays du Soleil levant !

Les mystères de la pop culture nippone

Pourquoi sommes-nous tant fascinés par la culture pop japonaise ? Soit, elle se révèle aux antipodes de notre culture occidentale – bien qu’elle en ait emprunté certains traits –, mais nous peinons parfois à la comprendre. Malgré tout, la magie opère. Serait-ce parce que sa substance chatouille en nous un désir profond (et peut-être réprimé) de retrouver l’insouciance de l’enfance et de devenir, au moins en rêve, des entités toutes-puissantes ?

– Extraits –

L’esprit kawaii

Difficile d’ignorer ce qui représente le plus la culture pop japonaise à l’étranger : le kawaii ! Présent partout, il s’affiche dans les rues, enrobe les objets, se glisse dans les mangas, voyage sur des avions, s’installe dans les plats culinaires… en bref, il est incontournable. Et cela tombe bien : les Japonais adorent tout ce qui est kawaii sugiru (‘trop mignon’) !

Dans la culture pop japonaise, kawaii est le terme utilisé pour qualifier les objets, personnes, animaux, créatures fictives mais également habits ou attitudes d’adorables, de choupinous, de mignons tout plein.

Bien plus qu’un simple adjectif, kawaii est l’expression d’un véritable mouvement culturel populaire, figuré en grande partie par des personnages d’animation aux traits simples, enfantins, touchants. Regarder un objet ou une personne kawaii provoque un sentiment de joie et apporte une fantaisie bienvenue dans une société presque entièrement centrée sur le travail. Les responsables marketing l’ont bien compris et n’hésitent pas à embellir leurs produits de tout le kawaii existant dans les mangas, les anime, les jeux vidéo et les drama (séries), packaging inclus. Ils vont encore plus loin en créant des accessoires kawaii en forme de gâteaux, macarons et autres douceurs sucrées aux couleurs vives, dont la popularité ne cesse de grandir ; on en mangerait ! Et dans l’art du bijou culinaire, Q-pot est une marque japonaise bien connue et reconnue.    […]

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La culture manga

Le manga est devenu le pilier culturel de l’économie japonaise. Il est une véritable institution, des buildings entiers s’en font le temple sacré. Tous les thèmes de la société sont abordés dans les histoires, dont le spectre s’étire du comique à l’horreur, en passant par le roman d’amour et la science-fiction, du plus innocent au plus sordide. N’est-il pas ainsi le meilleur média pour exporter la culture japonaise à l’étranger ?

Le mot manga est l’association de deux idéogrammes : man, pour ‘divertissant’ ou ‘exagéré’, et ga, pour ‘image, dessin’. On pourrait le traduire par ‘esquisse rapide’, ‘dessin grotesque’ ou ‘caricature’. Ses origines graphiques remontent aux récits imagés sur rouleaux de papier ou de soie (emakimono) du VIIIe siècle.

Cependant, le manga tel qu’il existe aujourd’hui sous forme de bande dessinée remonte aux années 1930‑1940 ; et il n’a connu de véritable essor qu’après la Seconde Guerre mondiale, notamment avec l’apparition de héros tels que Astro Boy (Tetsuwan Atomu), d’Osamu Tezuka. Les dessins et histoires des mangakas (les auteurs de mangas) dénotent alors l’influence des Américains qui, lors de leur occupation du Japon, ont introduit la culture des comics dans le pays. Les aventures sont imprimées sur du papier de mauvaise qualité, en noir et blanc, dans des magazines vendus à bas prix. La croissance économique du Japon qui se profile dès lors, loin de signer la mort de ces bandes dessinées, ne fait que renforcer l’attrait pour ce média populaire.

Deux styles de mangas vont se développer : ceux qui reflètent la culture dite ‘kawaii‘ – dans laquelle la jeunesse japonaise trouve un refuge poétique et apaisant, bienvenu après la guerre – et ceux qui traduisent en filigrane un traumatisme et une humiliation qui auront du mal à s’effacer : les mangas de robots et d’aliens monstrueux sur fond d’apocalypse. Dans cette dernière catégorie de mangas, il est indispensable de restaurer la fierté et l’esprit guerrier des Japonais. Néanmoins, en approfondissant, de nombreuses inspirations sont empruntées à l’histoire et à l’identité du Japon, comme le renard à trois queues, ou encore de petits ‘fantômes’ rappelant le shintoïsme, une religion fondée sur la croyance que tous les éléments naturels et animaux ont un esprit.   […]

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Le Studio Ghibli

Le Studio Ghibli a été fondé par Hayao Miyazaki et Isao Takahata en 1985. Il a grandement contribué à diffuser la culture pop et les valeurs traditionnelles japonaises dans le monde. Il suffit de regarder l’anime Le Voyage de Chihiro pour s’en convaincre : une petite fille de 10 ans, sobre, vertueuse et travailleuse, face à des personnages matérialistes et égoïstes.

Le studio est bien connu pour ses longs-métrages d’animation, mais il produit également des courts-métrages, des téléfilms et des séries, ainsi que des jeux vidéo. Dans un hommage à l’anime Mon voisin Totoro, que le studio a produit, sa mascotte n’est autre que Totoro.

Miyazaki a commencé sa carrière au studio Toei en 1963 comme intervalliste (celui qui dessine les illustrations manquantes autour des images clés d’un anime). Il fonda son propre studio en 1985, le Studio Ghibli, grâce au succès incontesté de l’adaptation cinématographique de Nausicaä, sorti en novembre 1984.

Le Château dans le ciel est le premier long-métrage du Studio Ghibli. C’est toutefois Mon voisin Totoro, sorti en 1988, qui verra la consécration de Miyazaki – et l’équilibre financier tant attendu du studio. Avec les recettes de Kiki la petite sorcière, sorti en 1989, les bases financières seront enfin assurées.   […]

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